Et pourtant, huit ans après, la passion a été la plus forte et on retrouve beaucoup des bénévoles de 1995 dans le comité d'organisation de 2003. Certains ne sont plus joueurs et ont une famille nombreuse, mais l'amour de l'ultimate et le plaisir de faire plaisir ont été les plus forts. Et puis, il y a le club local : les Jack'Suns. En 1995, le club avait deux ans et ses joueurs découvraient l'ultimate. En 2003, avec une incroyable maestria, ils ont su faire des miracles avec des bouts de ficelle pour que cet Euro ait de l'allure, tout en alimentant par ailleurs les équipes nationales…

A la tête de cette organisation très spartiate se trouve, non pas un césar dictatorial, mais un triumvirat de charme…

Jackie : l'incontournable Professeur de sports, elle est tombée dans la marmite de l'Ultimate en 1990 et ne l'a plus jamais quittée depuis. Elle a enseigné l'Ultimate à des milliers de jeunes et en parallèle a fondé le club des Jack'Suns, pris des responsabilités à la fédération, découvert internet et les relations politiques, et continue à jouer au tiercé. Vous la reconnaîtrez facilement à son allure altière, elle a souvent le verbe haut et aussitôt après un grand éclat de rire communicatif. Elle est incroyable : vous voulez repeindre la lune à minuit, 5 minutes après elle a trouvé l'échelle adéquate. Elle a un coeur énorme ; tellement grand que les joueurs de Fontenay ont baptisé leur club, les Jack'Suns. Si vous la rencontrez, proposez-lui de partager un verre de rosé, et dites-lui en patois local "à la tienne mon fi de vest" ("à ta santé ma beauté").

Raoul : le flegmatique Le plus british des français ! Depuis 95, il a rencontré l'élue de son coeur, a eu deux enfants et a pris de lourdes responsabilités dans son entreprise. Et pourtant, il a été là toute l'année ; le biberon dans une main, la souris dans l'autre, le portable collé à l'oreille, il a répondu à vos mails, fait le lien entre le comité d'organisation et la fédération, calculé le budget de cet Euro et fait partager aux plus jeunes, son bon sens et son expérience. Il aime que les choses soient parfaites et chaque petit "loupé" obligé d'un tel événement le fait souffrir terriblement. Il a tellement d'amour dans les yeux que, parfois, les disques qu'il croise, arrêtent leur vol et lui lancent : "t'es cool, Raoul".

Boris : l'infatigable En 1995, à l'improviste, il s'était retrouvé à la tête de la gazette, qu'il a su gérer d'une main de maître. Il sait tout faire et l'a prouvé sur cet Euro, en supervisant son organisation générale, la communication et les festivités. Exigeant avec les autres comme avec lui même… et ça c'est énorme. Il ne perd jamais son calme, ni sa gentillesse naturelle. Pour cet Euro, il a escaladé des montagnes de travail et slalomé sur un parcours jonché de responsabilités. Il est doté d'un humour pince sans rire à toute épreuve. Si vous le croisez, dites-lui : "elle en jette ta gazette" et vous verrez alors ses yeux briller de mille étoiles et un beau sourire s'esquisser sur ses lèvres. Prenez-le alors en photo, car c'est aussi beau qu'un coucher de soleil sur la mer… (Personne ne devait lui dire : "elle en jette ta gazette" au moment de la photo !)

Merci et bravo à vous trois. Merci et bravo également aux 150 bénévoles qui sont restés dans l'ombre, derrière une table de marque, un comptoir, un ordinateur ou un talkie-walkie, pour leur engagement, leur gentillesse et leur accueil. Encore un petit effort… Dans quelques heures vous pourrez nous jurer : "plus jamais ça" !

Valérie Letinier et Gérard Boucard (30 août 2003)